sites de compétition, sécurité… le Comité d’organisation affirme être « dans les temps »

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Critiqué par la Cour des comptes dans son rapport sur les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, le Comité d’organisation des Jeux (Cojop) a apporté quelques éléments de réponse mercredi 25 janvier lors de sa conférence de rentrée. La juridiction financière avait notamment pointé dans son document rendu public le 10 janvier que la plupart des contrats de mise à disposition des sites pour les compétitions n’avaient pas été signés par le Cojop avec leurs propriétaires, alors qu’ils auraient dû l’être avant la fin 2022. Pas plus que n’avaient été conclus les marchés pour les sites dont Paris 2024 entend externaliser la gestion.

Ces « retards » entraînent un risque opérationnel et financier avéré, avait pointé la Cour des comptes, enjoignant aux organisateurs des Jeux de signer lesdits contrats « dans les meilleurs délais ». Mercredi, Tony Estanguet a voulu rassurer, à dix-huit mois de la cérémonie d’ouverture. « A date, 90 % de ces périmètres sont déjà sécurisés, notamment pour les sites les plus sensibles comme le village des athlètes », a affirmé le président du Cojop. « Des fois, cela prend un peu de temps, s’est-il justifié, mais il n’y a pas d’urgence, nous sommes dans les temps. »

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Sur la sécurité, dossier chaud du projet olympique avec celui – brûlant – des transports, le Comité d’organisation s’est là aussi montré soucieux d’éteindre tout début d’incendie. La Cour des comptes s’était pourtant montrée inquiète sur les capacités du Cojop à relever le défi posé par les besoins en agents de sécurité privée, et notamment par l’organisation de la cérémonie d’ouverture olympique sur la Seine devant 600 000 spectateurs.

Entre 17 000 et 22 000 personnels privés seront nécessaires au quotidien pour assurer la sécurité des sites olympiques qui relève de la compétence de l’organisateur. Sans parler des milliers de fonctionnaires de police et de gendarmerie qui seront affectés à la sécurité sur la voie publique lors des compétitions.

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« Tous les scénarios sont sur la table »

« Nous avons lancé de premiers appels d’offres dès juillet 2022, qui répondent à 37 % de nos besoins. Nous avons reçu 700 réponses », a détaillé Tony Estanguet. « Une deuxième phase a été lancée, pour 13 % des lots, a complété Etienne Thobois, le directeur général de Paris 2024. Il y aura probablement une troisième vague pour solliciter de nouveau les grands acteurs [de la sécurité privée] qui n’ont pas répondu aux deux premières, pour avoir un maximum de visibilité d’ici au premier semestre 2023. L’idée c’est de travailler dans le détail avec les pouvoirs publics pour stabiliser le dispositif. »

« Après, a-t-il ajouté, tous les scénarios sont sur la table. » L’un de ces scénarios, redouté par tous les acteurs des Jeux, suppose que l’armée soit appelée pour pallier le manque d’agents de sécurité privée – une hypothèse crédible, selon la Cour des comptes –, comme ce fut le cas dans l’urgence pour les Jeux de Londres, en 2012. Dans leur rapport, les magistrats de la rue Cambon établissent clairement que le coût de ce recours à la force publique serait alors supporté par le Comité d’organisation et lui seul.

Mardi soir, au Sénat, lors de I’examen du projet de loi olympique, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin a expliqué qu’il faudrait attendre « février ou mars » pour en savoir plus sur un possible recours à l’armée. « Si à la fin des fins des fins des fins, il manque un certain nombre de personnes, nous regarderons ce que nous pourrons faire. Mais nous pensons qu’un grand pays comme la France est capable de répondre à cet enjeu de sécurité privée », a-t-il assuré.

« Si on devait utiliser des forces de sécurité intérieure, il existe le [dispositif du] service d’ordre indemnisé – c’est ce qui se fait déjà pour les clubs lors des matchs de football – qui serait alors appliqué à Paris 2024 et que l’on a anticipé dans notre budget [réévalué de 295 à 350 millions d’euros lors de la révision budgétaire du 12 décembre] », énonce Etienne Thobois.

Le Comité d’organisation de Paris 2024 s’était déjà montré rassurant sur la question lors de la publication du rapport de la Cour des comptes il y a deux semaines. « Ça ne coûtera pas plus cher de passer par la force publique », avait alors soutenu un membre de Paris 2024 selon qui « un militaire coûte même un peu moins cher qu’un agent de sécurité privée ».

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