Dans un second « Livre noir des refoulements », des ONG alertent sur les violences contre les migrants aux frontières de l’UE

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La question des migrations en Europe est revenue au premier plan en 2022. Depuis le début de l’année, l’agence Frontex, chargée de la surveillance des frontières de l’Union européenne (UE), a détecté quelque 281 000 entrées irrégulières, en hausse de 77 % par rapport à la même période de 2021… Jeudi 8 décembre, à Bruxelles, le sujet devait une nouvelle fois être abordé lors d’un conseil des ministres de l’intérieur des Vingt-Sept et évoquer les plans d’actions récemment présentés par la Commission pour répondre à cette situation.

Si les discussions vont bon train dans la capitale européenne, sur le terrain, la gestion des frontières a sa part sombre, et les « pushbacks », le fait de refuser l’accueil de personnes recherchant une protection au mépris du droit international, se multiplient sur l’ensemble des routes migratoires.

Jeudi 8 décembre, une dizaine d’ONG réunies depuis 2016 dans le projet Border Violence Monitoring Network (réseau de surveillance des violences aux frontières) publie la seconde édition de son « Livre noir des refoulements ».

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Cette somme de plus de 3 000 pages cartographie les violences qui se déroulent aux frontières de l’UE grâce à quelque 1 600 témoignages, qui concernent environ 25 000 personnes. Toutes refoulées, battues, humiliées, volées, maltraitées, privées d’eau ou de nourriture, etc. en voulant demander l’asile. Les témoignages ont été recueillis dans plus de la moitié des pays européens, y compris les Etats balkaniques.

« Tactiques de dissuasion »

« La nouvelle édition du “Livre noir” montre clairement la violence que subissent encore chaque jour les femmes, les hommes et les enfants en déplacement aux frontières extérieures et intérieures de l’UE, commente Cornelia Ersnt, eurodéputée allemande de gauche (Die Linke). La Commission européenne est toujours inactive, n’entamant pas de procédures d’infraction contre les Etats membres [qui] refusent le droit d’asile. »

Alors que la première édition, en 2020, était déjà édifiante, ce second tome prend en compte la période du Covid-19, pendant laquelle le nombre de personnes entrant sur le territoire de l’UE a fortement décliné. Mais cela n’a pas entraîné de baisse des violences et autres refoulements. Au contraire.

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Alors que les pays prenaient des mesures de restrictions de circulation afin de lutter contre le coronavirus, les ONG ont évacué leurs employés des zones frontalières. « Conscients de ce manque de témoins, écrivent Hope Barker et Milena Zajovic, les coauteurs du rapport, les gardes-frontières de Croatie, Grèce, Albanie, Macédoine du Nord, Hongrie, Slovénie, Italie, Autriche, Roumanie, Bulgarie, Serbie, Bosnie-Herzégovine, Pologne et d’autres pays concernés ont commencé à mettre en œuvre d’horribles “tactiques de dissuasion” : celles-ci comprenaient des passages à tabac extrêmes et prolongés, le rasage de la tête, des déshabillages forcés, des agressions sexuelles, des attaques de chiens et des attaques avec des armes à décharge électrique, entre autres. »

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