Comment éviter que les enfants découvrent que le Père Noël n’existe pas ?

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Dans le magasin Harrods, à Londres, en 2002.

Un verre de lait à moitié consommé, des épluchures de clémentine et des miettes de sablé sur la table : pendant longtemps, ce trio alimentaire fut l’irréfutable preuve du passage du Père Noël, dans la nuit du 24 au 25 décembre. Mais cette recette ne suffit plus à convaincre les jeunes enfants. Entre les fratries recomposées, les réveillons en décalé et les distributions plurielles de cadeaux, sans parler des mauvaises langues dans la cour de récré ou des fuites sur le téléphone portable des parents, certains adultes redoublent d’imagination pour maintenir leur progéniture dans l’illusion de Noël.

Depuis que leur premier fils a découvert, en CP, la véritable origine des cadeaux « sur le WhatsApp familial », Samuel Moulin et sa compagne sont bien décidés à bercer le deuxième (4 ans et demi) dans « l’univers de Noël le plus longtemps possible ». « Un soir, notre premier garçon jouait sur mon smartphone et me dit : “Mamie va m’acheter le circuit de Spiderman robot, je l’ai vu sur ton téléphone.” Il avait 6 ans. J’étais en colère contre moi-même », explique le papa parisien, qui a compris la leçon. Depuis, « avec mes sœurs et mes parents, on ne gère les histoires de cadeaux qu’à l’oral et lorsque les enfants sont à l’école. Pas question que je me refasse piéger ». Il a imposé un système similaire à sa belle-famille : « On s’envoie des mails, et ça fonctionne très bien. »

« Pour moi, c’est important que les enfants vivent cette période magique le plus longtemps possible. Tout est tellement déprimant le reste du temps » – Samuel Moulin, 2 enfants

En décembre, la télévision de la salle à manger reste éteinte, les catalogues de jouets n’ont pas le droit de cité dans la boîte aux lettres, et il passe au drive récupérer les courses de la semaine. « Ça évite que les enfants tombent sur des Pères Noël qui sont là pour amuser la galerie. On essaie de maintenir nos enfants dans une bulle jusqu’au 24 décembre. Finalement, même l’aîné est tenté d’y croire à nouveau », s’amuse Samuel Moulin qui, la nuit du 24, se couche le dernier pour poser les cadeaux au pied du sapin, et réveille « dès 8 heures toute la maison en fanfare ». « Pour moi, c’est important que les enfants vivent cette période magique le plus longtemps possible. Tout est tellement déprimant le reste du temps. »

Organisation bien pensée

Echapper au spoil en pleine période de l’Avent : la démarche n’est pas simple et suppose de réfléchir à un scénario afin de préparer les indices. Avec quatre enfants nés de deux unions, dont une petite dernière de 4 ans, Florence Divay est une spécialiste en la matière. Chaque année en décembre, cette quadragénaire habitant Laval (Mayenne) savoure « la magie des fêtes de fin d’année » et aime faire « croire au passage du Père Noël ». Les deux grands (20 et 18 ans) sont depuis de nombreuses années les complices de cette organisation bien pensée. « Ils n’avaient pas intérêt à dire la vérité, dit-elle en rigolant. Je suis une convaincue de Noël. » Un véritable contrat familial que vient d’ailleurs de rejoindre Sacha, 9 ans. « Il a compris cette année la vérité à l’école, ça a été difficile pour lui… Mais maintenant, il se fait un plaisir de continuer à faire croire sa petite sœur. »

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